Le Conservatoire national des arts et métiers (Cnam), creuset des valeurs authentiques.

Quand je m’étais adressé à Jean Alain Verdier, directeur régional du Cnam à Toulouse, il était déjà sensibilisé à ma démarche par le professeur Pierre Goguelin dont j’avais suivi les enseignements à la chaire de psychologie du travail du siège parisien. Nous avions alors convenu d’une rencontre, à Saint-Céré et à laquelle participaient, le Docteur André Boyer, sénateur et Jean Launay, député-maire de Bretenoux et président de l’association dont j’étais le directeur. Le défi était difficile à relever pour un territoire peu peuplé et sans réelle tradition de formation continue. Au bout de deux heures d’échange, les choix étaient faits : nous avions retenu la préparation du Dpce (Diplôme du premier cycle économique). Les unités de valeur qui composaient le diplôme, pouvaient à la fois satisfaire des besoins en compétences spécifiques mais aussi permettre une validation complète. Nous avions décidé de retenir pour la première année, les unités de valeurs de cours d’économie et de comptabilité et pour la seconde, le droit et l’organisation du travail, en intercalant une année sur deux, l’unité de travaux pratique de comptabilité. Quelques semaines plus tard, l’équipe pédagogique fut constituée. Les enseignants étaient tous des professionnels : un expert comptable, un avocat pour le droit et un cadre d’entreprise pour l’organisation du travail. Seul le cours d’économie était confié à un jeune universitaire. Ainsi est né le plus petit centre universitaire au monde dans un village qui comptait moins de 4000 habitants.

Le Conservatoire national des arts et métiers (Cnam) a été créé, par la loi du 10 octobre 1794, par la convention, sur proposition de Henri Jean-Baptiste Grégoire, appelé abbé Grégoire. L’objectif assigné au Cnam était la diffusion et la vulgarisation des connaissances techniques et scientifiques. Son ambition était de combattre « L’ignorance qui ne connaît pas et la pauvreté qui n’a pas les moyens de connaître ». L’abbé Grégoire souhaitait que cet établissement, aujourd’hui sous tutelle du ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, irrigue de ses savoirs, toutes les régions de France comme le font ses grands fleuves. Le Cnam sera, précisait-il « le réservoir dont les canaux fertiliseront toute l’étendue de la France ». La devise du Cnam est « Omnes docet », il enseigne à tous. Il est présent dans 150 villes, accueille annuellement plus de 80 000 auditeurs et délivre plus de 5 000 diplômes. C’est l’unique institution qui permet à un ouvrier de clôturer sa vie professionnelle par un diplôme d’ingénieur, si telle est son ambition.


Je mettais donc au service de mon territoire une tradition, vieille de plus de 200 ans, en matière de perfectionnement et de formation continus. Au-delà des connaissances et des compétences, faire le Cnam, c’est s’abreuver et se rassasier de courage, de persévérance, de solidarité mais aussi de sens des responsabilités. Le diplôme de cette illustre institution fait de son titulaire un manager complet. Avec les établissements spécialisés qui gravitent autour de la maison mère, le Cnam est présent dans tous les secteurs de l’économie.

Je me souviendrai toujours des réactions émerveillées des Parisiens de passage, qui observaient tant de réalisations dans une aussi petite demeure et que nos voisins ne remarquaient même pas.