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jeudi 3 mars 2016

En vous écoutant, j'ai ressenti une honte profonde ...


M. Emmanuel Macron,
Ministre de l’économie :
Que vous est-il arrivé ?

A vous voir présenter des excuses devant la représentation nationale, à votre place, j’ai ressenti une honte profonde et elle ne me quitte plus. Par ce billet, je voudrais l’exorciser. La veille vous aviez évoqué l’entreprise bretonne Gad, la bien nommée et ses 20 % de salariés illettrés. Autant de personnes en situation d’extrême fragilité après 20 et même 30 ans de labeur au sein de la même entreprise, est une image peu digne d’une grande nation comme la France en ce début du 21e siècle. A juste titre, vous aviez dénoncé une intolérable situation. Mais pourquoi vous excuser ? D’avoir dit une vérité ? C’est en votre honneur que de l’avoir souligné  et pourtant vous vous êtes retrouvé, seul,  raillé, blâmé y compris par des députés qui soutiennent l’action de votre gouvernement et qui ne se sont calmés qu’après vous avoir vu renier des convictions universellement partagées. En effet,  l’entreprise du futur  exige des salariés motivés  et capables de s’adapter à toutes les turbulences…  J’ai cru comprendre, que vous estimiez que les salariés sont maîtres de leur destin. C’est sans doute vrai, là où ces mêmes salariés ont la possibilité d’agir. Cela ne semblait pas du tout être le cas  chez Gad. Par contre, à aucun moment vous n’aviez souligné la responsabilité de l’entreprise. Cette entreprise comme beaucoup d’autres, même de taille plus modeste,  bénéficie des services d’un directeur des ressources humaines. Qu’a-t-il fait pendant ces longues années ? Que sont devenues leurs cotisations au titre de la formation professionnelle continue ? Ce n'est n’est donc pas une question de financement mais de conception de l’entreprise de demain. Gad n’est plus mais des hommes et des femmes, plus précaires, et plus exclus…sont là,  dans le désarroi. Et ça,  c’est la responsabilité de l’Etat.

 
80% des demandeurs d’emplois ont un niveau de formation générale qui tourne autour de la classe de 3e, autrement dit avec beaucoup d’illettrés et une grosse poignée d’analphabètes. On peut agir sur cette situation et la faire évoluer de façon positive…En moins de 5 ans, avec un programme adapté et au coût insignifiant,  le paysage social de la France y compris dans ses dimensions économiques et politiques serait totalement transformé. Beaucoup d’associations citoyennes comme CAC (coordination et action citoyenne) sont prêtes à s’engager pour cette noble mission.